Les talkie walkie professionnels

Les talkie walkie professionnels

Parce que l’achat d’un talkie-walkie professionnel se fait par lot, vous ne pouvez pas risquer de faire le mauvais choix… cela vous couterait trop cher. Que ce soit pour une petite équipe airsoft, une dizaine d’agents événementiels ou une quarantaine de travailleurs au chantier, investir dans une flotte de radios bidirectionnelles sera l’occasion de fluidifier les échanges, de booster la productivité et de réaliser des économies sur les communications payantes.

Il en va parfois de la sécurité du professionnel qui, en fonction de son métier, des conditions météos et d’autres paramètres imprévus, peut se retrouver dans des situations dangereuses où la communication devient vitale. Qu’appelle-t-on « talkie-walkie professionnel » ? Quels sont les frais à payer pour utiliser des fréquences en dehors de la PMR 446 ? Faut-il opter pour un talkie-walkie UHF ou VHF ? Quelle puissance de transmission pour quelle utilisation ? Quid de l’alternative de la radio numérique ?

Nous vous proposons un billet complet sur les talkies-walkies professionnels pour vous permettre de rentabiliser votre investissement !

Le marché du talkie-walkie

Le premier dispositif de communication bidirectionnelle de type talkie-walkie a vu le jour en 1937 par l’ingénieur canadien Donald Hings. Cet émetteur-récepteur radio mobile restera longtemps destiné à un usage militaire avant de s’ouvrir aux professionnels puis au grand public. Le premier talkie-walkie commercialisé auprès du grand public est le Motorola SCR 300. Il pesait alors entre 15 et 17 kg selon la batterie utilisée.

En 1941, Motorola, fabricant historique, proposa un talkie-walkie plus léger (2,5 kg) avec 50 canaux, une modulation d’amplitude dans la bande 3,5 à 6 MHz et une puissance de sortie de 0,36 W. Petit à petit, le marché des talkies-walkies est sorti du monopole de Motorola pour devenir particulièrement concurrentiel. Les parts de marché sont aujourd’hui partagées entre Motorola, Philips, Alan Midland, Baofeng et Décathlon (via sa marque Geonaute).

Les grandes marques de talkie-walkie ne se différencient pas énormément, dans la mesure où la plupart des appareils commercialisés embarquent quasiment les mêmes fonctionnalités, les mêmes attributs physiques et des designs plutôt proches. Nous avons testé pour vous les meilleures talkies-walkies pour vous aider à faire le bon choix en fonction de plusieurs critères : l’autonomie, la prise en main, la portée maximale de transmission, les fonctionnalités proposées, le rapport qualité-prix, la solidité, la fiabilité et le contenu du boîtier.

Quelles sont les utilisations des talkies-walkies professionnels ?

Le développement des fonctionnalités des talkies-walkies pour le grand public ont relativement relégué les radios bidirectionnelles professionnelles au second rang. C’est tout particulièrement le cas dans les métiers qui ne connaissent pas un environnement difficile : l’organisation d’évènements, la sécurité des personnes et des bâtiments, les commerces, les restaurants, les magasins de prêt-à-porter, etc.

Toutefois, les travailleurs de chantier, les chasseurs, les gardes-forestiers ainsi que les professionnels des métiers de la mer doivent s’équiper de talkies-walkies prévus à cet effet pour des raisons évidentes de sécurité. En fonction des exigences et des caractéristiques propres de leur métier, ils devront investir dans des talkies-walkies professionnels UHF, VHF ou numériques à longue portée, étanches à la poussière et à l’eau et éventuellement résistants à l’immersion prolongée dans l’eau. Certaines températures extrêmes ne sont pas compatibles avec les batteries d’ancienne génération (NiMH), ce qui élimine d’office tous les talkies-walkies pré-2013. Les passionnés des activités de plein air peuvent opter pour un talkie-walkie, que ce soit pour les jeux de type Airsoft, pour le camping, les randonnées en montagne, la moto ou encore la chasse. Si vous êtes intéressé par un talkie-walkie pour la pratique d’une activité de plein air, notre dossier spécial « Talkie-walkie par activités » va vous aider à faire le bon choix.

Les questions fréquentes à propos des talkies-walkies

Les fréquences des talkies walkies

Les talkies-walkies professionnels vont, par définition, au-delà des fréquences Personal Mobile Radio de la bande 446 MHz (la fameuse PMR446 sur laquelle évoluent les talkies sans licence dans les pays de l’Union Européenne). La PMR 446 compte 8 canaux espacés de 12,5 kHz entre 446 MHz et 446,1 MHz en mode radio FM. Pour se positionner sur cette bande de fréquences libres en Europe, les fabricants ne doivent pas dépasser le plafond de 0,5 W. Notez que l’on retrouve d’autres bandes de fréquences libres ailleurs dans le monde qui permettent d’utiliser la radio en amateur sans détenir une licence dédiée : il s’agit par exemple des fréquences LPD au Japon, des fréquences MURS ou GMRS & FRS aux USA, des fréquences SRBR & KDR dans les pays scandinaves (Norvège et Suède), des fréquences SRBR en Chine et des fréquences FRS en Australie et Nouvelle-Zélande.

Les fréquences dites « professionnelles » sont donc réservées au radioamateur qui dispose d’une licence de communication et qui paie ses redevances (on en parle plus bas)

De 300 Hz à 3 kHz : ELF (Extra Low Frequency) pour la communication avec les sous-marins ;
De 3 kHz à 30 kHz : VLF (Very Low Frequency) pour les ondes myriamétriques et le sonar ;
De 30 kHz à 300 kHz : LF (Low Frequency) pour les ondes kilométriques, le sonar... ;
De 300 kHz à 3 MHz : MF (Medium Frenquency) pour les ondes hoctométriques, détection des victimes d'avalanche et autres situations d’urgence absolue ;
De 3 MHz à 30 MHz : HF (High Frequency) pour les ondes décamétriques dédiées notamment au micro sans fil ;
De 30 MHz à 300 MHz : VHF (Very High Frequency) pour les ondes métriques dédiées à la TV, aux réseaux privés, maritimes et militaires ;
De 300 MHz à 3 GHz : UHF (Ultra High Frequency) pour les ondes décimétriques dédiées aux balises Argos, aux réseaux privés, à la police, aux pompiers, à la TV, au téléphone sans fil GSM, aux micros sans fil... ;
De 3 GHz à 30 GHz : SHF (Super High Frequency) pour les ondes centimétriques destinées au wifi, aux réseaux privés et aux liaisons vidéo ;
De 30 GHz à 300 GHz : EHF (Extra High Frequency) pour les ondes millimétriques destinées aux réseaux privés, aux liaisons vidéo et la VHF marine.

Vous trouverez toutes les réponses à vos questions dans notre FAQ talkies-walkies : quelle est la différence entre la portée maximale et la portée théorique ? Comment juger de l’étanchéité d’un talkie-walkie professionnel ? Comment utiliser les fréquences privées ultra-sécurisées en toute légalité ?

Le coût d’utilisation d’un talkie-walkie professionnel

L’utilisation des fréquences de la PMR446 est gratuite et ne nécessite aucune licence particulière. Ce n’est pas le cas des fréquences listées ci-dessus. Ainsi, au prix d’acquisition des talkies-walkies professionnels devront donc s’ajouter le coût de la licence radio puis le coût d’utilisation (redevance). En France, c’est le Trésor Public qui facture directement la redevance annuelle pour l’utilisation des fréquences par le matériel de radiocommunication professionnel.

Elle s’élève à 70 € par appareil et par an. Si vous comptez utiliser des fréquences pendant un court laps de temps, le Trésor Public « loue » des « fréquences temporaires » à 7,62 € par semaine et par appareil. C’est une option intéressante pour les organisateurs des gros évènements. Notez enfin qu’il faut patienter un mois pour obtenir les fréquences dédiées après l’envoi d’un dossier complet à l’ARCEP.

Comptez par contre moins d’une semaine pour les fréquences temporaires. Il faut également ajouter à ce coût d’utilisation tout ce qui a trait à l’achat des accessoires de talkie-walkie. Il peut par exemple s’agir d’une housse étanche, d’un revêtement pour le protéger des chocs, d’une nouvelle antenne plus performante pour améliorer (sensiblement) la portée maximale de transmission, d’un clip de ceinture pour améliorer la mobilité du talkie-walkie, etc.

Ce qu’il faut savoir sur les talkies-walkies dits de « longue portée »

Avant d’évoquer la portée des talkies-walkies qui fait débat dans la communauté des radioamateurs, intéressons dans un premier temps à la différence entre les radios dites UHF et VHF.

#1 La radio UHF ou le talkie en « brique »

Les radios UHF (pour Ultra Haute Fréquence) sont capables d’émettre sur des fréquences comprises entre 400 et 512 MHz. Elles sont les plus prisées par les utilisateurs de radios bidirectionnelles pour une raison simple : les ondes sont plus courtes, elles peuvent par conséquent contourner ou « transpercer » les zones d’interférence que l’on retrouve typiquement dans les bâtiments, dans les zones urbaines densément peuplées, dans les terrains accidentés ou les forêts fortement boisées.

Les talkies-walkies UHF sont dotés d’une antenne de bonne taille et d’une puissance d’émission qui peut traverser l’acier, le béton, le bois et la terre. Si vous comptez communiquer à la fois à l’intérieur d’une structure mais aussi à l’extérieur, la radio UHF va largement satisfaire vos besoins. Notez toutefois qu’il n’y a généralement pas d’affichage numérique dans les talkies-walkies UHF… C’est d’ailleurs pour cette raison qu’on les appelle parfois les « briques ». Certains y verront un manque de praticité et d’ergonomie, d’autres un gage de fiabilité et de durabilité puisqu’il y a moins de pièces.

#2 La radio VHF : pour les environnements dégagés

Les radios VHF (pour Very High Frequency, littéralement « très hautes fréquences ») fonctionnent sur l’intervalle compris entre 136 et 174 MHz. Le principal avantage du talkie-walkie VHF est qu’il est capable de couvrir plus de distance avec moins de puissance. Les ondes VHF sont en effet beaucoup plus longues et restent plus près du sol. Par conséquent, la radio VHF réalisera ses meilleures performances dans les zones dégagées où les obstacles entre l’émetteur et le récepteur sont limités, voire inexistants.

C’est pour cette raison que l’on retrouve les radios VHF dans les communications aéronautiques et maritimes. Les applications de la VHF sont donc les terrains ouverts, les parcours de golf, les travaux d’aménagement paysager, la sécurité en plein air, etc. Les antennes que l’on retrouve dans les talkies-walkies VHF sont généralement plus grandes car elles doivent faciliter la transmission sur de plus longues distances.

#3 La radio numérique

Contrairement aux radios analogiques (UHF et VHF), les radios numériques transmettent les signaux d’une manière beaucoup plus complexes. La transmission assure une belle clarté car la statique analogique n’est plus un problème. Il est également possible de communiquer en individuel ou en groupe, et les signaux peuvent facilement être cryptés pour préserver la confidentialité.

#4 Ce qu’il faut savoir sur les talkies-walkies dits « longue portée »

La signalisation 5TONS permet de déclencher différentes actions (envoi de messages, alarmes d’incendie, ordres…) en s’appuyant sur 5 tonalités. La signalisation permet donc un appel sélectif mais va encombrer le groupe de discussion. La signalisation 3RP permet la gestion d’un grand nombre de postes via un système Trunk qui va gérer plusieurs relais analogiques. Bien que les fabricants se targuent souvent de pouvoir offrir au radioamateur une portée maximale qui dépasse les 30 km, sachez que vous n’obtiendrez jamais cette performance dans la réalité.

Les tests des fabricants sont en effet réalisés dans des conditions optimales, sans humidité, sans aucun obstacle entre les deux unités du talkie-walkie. La ligne imaginaire entre les deux unités est complètement dégagée, ce qui est quasiment impossible à réaliser dans la réalité, à moins que chacun des interlocuteurs escalade une montagne, mais là encore, les conditions météo ne vont jamais permettre d’atteindre la portée maximale de transmission.

Il n’y a pas de règle spécifique pour passer d’une portée théorique à une portée réelle, mais on conseille généralement de diviser la portée théorique par 5 ou 6 pour estimer la performance que l’on peut espérer dans la réalité. Toutefois, les relais permettent en effet de pousser la couverture radio au-delà de 10 km, mais là encore, il faut disposer d’une licence adéquate pour ne pas enfreindre la loi. La programmation du relais et le réglage du duplexeur ou multi-coupleur doit être réalisée par un technicien qualifié. La localisation des antennes est une étape délicate qui peut parfois nécessiter la réalisation d’une étude sur le terrain. Nous avons réalisé un article de synthèse sur les talkies-walkies longue portée.